Point de vue d’un parent dans le cadre du débat national sur l’école.

Point de vue exprimé dans des débats organisés par la Préfecture de Paris dans les mairies d’arrondissement, notamment à la mairie du 9ème le 16 janvier 2003 

« Ce bilan globalisant ne doit pas amener la fermeture des petites structures rurales : c’est un non-sens économique en terme de coût des transports, un non-sens pédagogique (laboratoires pédagogiques), un non-sens quant à l’aménagement du territoire. »

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“ Défense des petits établissements scolaires de proximité ”

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Suite à l’exposé d’introduction à ce débat, je ne suis pas d’accord avec la présentation du Ministère, rendant les petites structures responsables de la dépense élevée d’éducation (% PIB.au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE; taux d’encadrement de 11 élèves / enseignant); il suffit de se pencher sur les prises de positions, informations, travaux de recherches relayés par les CRESPC, la FNER, Ecole et Territoire, l'AMRF, l'OER..

Fermer les petites écoles et collèges pour concentrer les élèves dans de grosses structures est un non-sens à 4 points de vue:

1.   un non sens économique, n’apportant aucune économie d’échelle au regard de la dépense publique ;

cela se traduit seulement par des transferts de charge aux collectivités territoriales (coût des transports..), qui couvrent largement, voire dépassent les économies de postes que peut faire le Ministère de l’Education Nationale (cf travaux d’Alain Mingat (Iredu de Dijon)

2.    un non sens quant à la vie scolaire

puisque la journée des enfants est alourdie de temps de transports pouvant dépasser 3h par jour !

3.    un non sens pédagogique

Les petites structures offrent des conditions idéales de mise en œuvre des avancées de la réflexion pédagogique et des textes (cf réforme des cycles de la loi d’orientation de 89) ; elles constituent des laboratoires d’innovation pédagogique dont s’inspire aujourd’hui l’Institution, qui réintroduit en ZEP par exemple la pratique du multiâge (qui permet de tirer par le haut les plus petits et de responsabiliser les plus grands)

A signaler par ailleurs la capacité de certains enseignants à se saisir de l’immense richesse d’outils pédagogiques dont regorge l’Institution (dont les nouvelles technologies en dernier lieu), leur capacité aussi à former des réseaux et à mutualiser les moyens en partenariat avec les parents et la société civile, entrant dans une démarche de projet éducatif inscrit dans un projet de territoire, tel que prescrit par les lois d’orientation de l’Education nationale de 1989 (qui garde toute son actualité), et de décentralisation, et pour le plus grand bénéfice des élèves et de la collectivité.

(travaux du Ministère lui-même et de Françoise Oeuvrard, confirmés par l’Observatoire de l’école rurale (Yves Alpe, Pierre Champollion, Jean-Louis Poirey…)

4.   un non sens quant à l’aménagement du territoire

L’école étant un facteur essentiel de vie culturelle et de lien social…

 

Pour conclure:

On doit donc considérer le coût des petites structures de proximité non au seul regard des aspects budgétaires du Ministère de l’Education nationale, mais au regard de coûts sociaux et de la dépense publique en général ; il appartient bien au contraire au Ministère de l’Education nationale de maintenir ce réseau afin de compenser les inégalités entre territoires et établissements d’une part, et de mieux impulser et accompagner les initiatives locales d’autre part.

          Jacqueline Boucher, janvier 2004

 

NB : cette contribution s’appuie entre autres ur un vécu de parent d’élève du collège rural de Saint-Martin Valmeroux dans le Cantal.

Ce collège est confronté d’année en année aux velléités de fermeture des autorités académiques, en totale contradiction avec le projet académique, et en infraction avec les lois d’orientation de 1989 et de décentralisation. La commune a engagé un recours au Tribunal administratif

Quant aux grandes lignes du « parcours du combattant » de ce petit collège rural :

L’octroi abusif de dérogations par l’Inspection académique, qui lui valent de perdre au fil des ans la moitié de son public de secteur et d’être suspendu de ses moyens en fonctionnement en 2000 pour cause d’effectifs insuffisants; le collège rouvre en Septembre 2001 avec l’appui du CNIRS (Conseil National de l’Innovation et de la Réussite scolaire) ; mais les autorités académiques s’empressent de lui retirer son autonomie et son statut d’EPLE (Etablissement Public Local d’Enseignement), “ tenant la plume ” du Préfet nouvellement arrivé ; suspendent le comité de pilotage; invalident tout projet de développement d’un réseau de collèges multipolaires avec le collège voisin de Saint-Cernin (quitte à s'inscrire en faux contre le projet académique même et des exemples de mises en réseau tel Blesle/Massiac), et tentent à nouveau de fermer l’établissement au bout d’un an d’entrée en fonctionnement et malgré la volonté du Ministère de reconduire les moyens …

Pour en savoir plus:

 

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