« Ce bilan globalisant ne doit pas amener la fermeture des petites structures rurales : cest un non-sens économique en terme de coût des transports, un non-sens pédagogique (laboratoires pédagogiques), un non-sens quant à laménagement du territoire. »
.******************************************************************************************.
Défense des petits établissements scolaires de proximité
.******************************************************************************************.
.
Suite à lexposé dintroduction à ce débat, je ne suis pas daccord avec la présentation du Ministère, rendant les petites structures responsables de la dépense élevée déducation (% PIB.au-dessus de la moyenne des pays de lOCDE; taux dencadrement de 11 élèves / enseignant); il suffit de se pencher sur les prises de positions, informations, travaux de recherches relayés par les CRESPC, la FNER, Ecole et Territoire, l'AMRF, l'OER..
Fermer les petites écoles et collèges pour concentrer les élèves dans de grosses structures est un non-sens à 4 points de vue:
1. un non sens économique, napportant aucune économie déchelle au regard de la dépense publique ;
cela se traduit seulement par des transferts de charge aux collectivités territoriales (coût des transports..), qui couvrent largement, voire dépassent les économies de postes que peut faire le Ministère de lEducation Nationale (cf travaux dAlain Mingat (Iredu de Dijon)
2. un non sens quant à la vie scolaire
puisque la journée des enfants est alourdie de temps de transports pouvant dépasser 3h par jour !
3. un non sens pédagogique
Les petites structures offrent des conditions idéales de mise en uvre des avancées de la réflexion pédagogique et des textes (cf réforme des cycles de la loi dorientation de 89) ; elles constituent des laboratoires dinnovation pédagogique dont sinspire aujourdhui lInstitution, qui réintroduit en ZEP par exemple la pratique du multiâge (qui permet de tirer par le haut les plus petits et de responsabiliser les plus grands)
A signaler par ailleurs la capacité de certains enseignants à se saisir de limmense richesse doutils pédagogiques dont regorge lInstitution (dont les nouvelles technologies en dernier lieu), leur capacité aussi à former des réseaux et à mutualiser les moyens en partenariat avec les parents et la société civile, entrant dans une démarche de projet éducatif inscrit dans un projet de territoire, tel que prescrit par les lois dorientation de lEducation nationale de 1989 (qui garde toute son actualité), et de décentralisation, et pour le plus grand bénéfice des élèves et de la collectivité.
(travaux du Ministère lui-même et de Françoise Oeuvrard, confirmés par lObservatoire de lécole rurale (Yves Alpe, Pierre Champollion, Jean-Louis Poirey )
4. un non sens quant à laménagement du territoire
Lécole étant un facteur essentiel de vie culturelle et de lien social
Pour conclure:
On doit donc considérer le coût des petites structures de proximité non au seul regard des aspects budgétaires du Ministère de lEducation nationale, mais au regard de coûts sociaux et de la dépense publique en général ; il appartient bien au contraire au Ministère de lEducation nationale de maintenir ce réseau afin de compenser les inégalités entre territoires et établissements dune part, et de mieux impulser et accompagner les initiatives locales dautre part.
Jacqueline Boucher, janvier 2004
NB : cette contribution sappuie entre autres ur un vécu de parent délève du collège rural de Saint-Martin Valmeroux dans le Cantal.
Ce collège est confronté dannée en année aux velléités de fermeture des autorités académiques, en totale contradiction avec le projet académique, et en infraction avec les lois dorientation de 1989 et de décentralisation. La commune a engagé un recours au Tribunal administratif
Quant aux grandes lignes du « parcours du combattant » de ce petit collège rural :
Loctroi abusif de dérogations par lInspection académique, qui lui valent de perdre au fil des ans la moitié de son public de secteur et dêtre suspendu de ses moyens en fonctionnement en 2000 pour cause deffectifs insuffisants; le collège rouvre en Septembre 2001 avec lappui du CNIRS (Conseil National de lInnovation et de la Réussite scolaire) ; mais les autorités académiques sempressent de lui retirer son autonomie et son statut dEPLE (Etablissement Public Local dEnseignement), tenant la plume du Préfet nouvellement arrivé ; suspendent le comité de pilotage; invalident tout projet de développement dun réseau de collèges multipolaires avec le collège voisin de Saint-Cernin (quitte à s'inscrire en faux contre le projet académique même et des exemples de mises en réseau tel Blesle/Massiac), et tentent à nouveau de fermer létablissement au bout dun an dentrée en fonctionnement et malgré la volonté du Ministère de reconduire les moyens
Pour en savoir plus: