18/2/2006, Le Télégramme Finistère
« Jai suivi de près ce dossier, pour lequel Christian Ménard (n.d.l.r, maire de Châteauneuf et député de la circonscription) ...
Proche de Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi, ministre délégué à lAménagement du territoire, a passé la journée dhier dans le Finistère. Laprès-midi a été plus particulièrement consacré au monde rural avec des annonces fortes et des discours très politiques. A voir la réaction des élus de gauche sur son passage, cela ne fait plus aucun doute. Ce nest plus un air de campagne. Cest un souffle, un aquilon, un zéphir, un tourbillon !
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Collèges. Deux ans de sursis pour Camaret
Deux ans de sursis supplémentaires et, au bout, la pérennité si le nombre délèves est au moins égal à 100. Hier, cest de la bouche même de Christian Estrosi, qui faisait aussi escale à Châteauneuf-du-Faou, en mairie, fief de Christian Ménard, quest venue la bonne nouvelle pour le collège du Lannic à Camaret, petit établissement de 90 unités.
« Jai suivi de près ce dossier, pour lequel Christian Ménard (n.d.l.r, maire de Châteauneuf et député de la circonscription) na eu de cesse dalerter les différents ministres concernés, et jai tenu à lui réserver la primeur de cette information. Gilles de Robien, le ministre de lEducation nationale et le recteur dAcadémie ont, eux aussi, donné leur accord ». Un contrat de deux ans à respecter Alors quà la mi-janvier, la fermeture du petit établissement camaretois était inéluctable, comme lavait signifié aux élus et au comité de défense du collège, Fabrice Leggeri, sous-préfet de larrondissement, la montée au créneau du député, ainsi que les arguments de Michel Le Page, maire, ont, semble-t-il, porté leurs fruits. « Cette victoire cest aussi celle des parents délèves qui ont su rester extrêmement mobilisés. Le collège du Lannic accueille depuis quinze ans entre 75 et 115 élèves. Il joue un rôle structurant, avec lécole primaire. Il développe une section européenne et une section de voile sportive. Il salarie 19 personnes et est le second employeur de la commune. Si on le ferme, cest toute léconomie de Camaret qui va ficher le camp. En terme daménagement du territoire, le collège est pour la commune un rouage essentiel », a justifié Christian Ménard, non sans rappeler les termes du contrat de deux ans passé avec le gouvernement (atteindre un nombre de 100 élèves au moins), et quil conviendra de respecter.
A lannonce de la nouvelle, Michel Le Page sest dit, lui, très ému. « Je suis heureux. Très heureux dautant que cest une nouvelle à laquelle je ne croyais plus trop. Pour les Camarétois, cest très important. Cette décision est politique, sûrement (n.d.l.r, les élections présidentielle et législatives ont lieu dans deux ans) mais, aujourdhui, pour nous, cest le résultat qui compte ». Plougasnou : le maire est confiant Quelques minutes plus tôt, à Briec où ses pas lavaient également porté, Christian Estrosi avait répondu ainsi à une interrogation dYvon Tanguy, maire de Plougasnou, dont le collège est également menacé de fermeture : « Je demanderai le maintien de louverture du collège si vous avez des éléments objectifs qui démontrent, en effet, quon va vers la hausse en terme deffectifs. Dans ce cas, je mengagerai à pérenniser le collège. La réponse que je vous fais nest pas définitive, elle viendra officiellement du préfet dans dix jours au plus tard. » Satisfait et confiant, Yvon Tanguy a assuré quil avait les éléments pour prouver que le collège pouvait passer de 105 à 115-120 élèves dici à 2008. Il y a quelques jours, Pierre maille, président du conseil général, estimait que le destin des deux petits établissements finistériens était lié, et quil suivrait la décision que prendrait lEtat. Comme Camaret, Plougasnou devrait donc avoir très prochainement maintenant la confirmation du bénéfice de ces deux ans de sursis. Karine Joncqueur avec M.L.Q
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![]() Yvon Tanguy (à gauche), maire de Plougasnou, a profité de la venue du ministre pour linterroger sur lavenir du collège de sa commune, menacé de fermeture. Si la réponse de Christian Estrosi était plutôt positive, son officialisation ne se fera pas avant une dizaine de jours. (Photo Marie-Line Quéau |
Estrosi. Une visite très politique en effet
Proche de Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi, ministre délégué à lAménagement du territoire, a passé la journée dhier dans le Finistère. Laprès-midi a été plus particulièrement consacré au monde rural avec des annonces fortes et des discours très politiques. A voir la réaction des élus de gauche sur son passage, cela ne fait plus aucun doute. Ce nest plus un air de campagne. Cest un souffle, un aquilon, un zéphir, un tourbillon !
On le subodorait, le ministre nétait pas venu les mains vides. Les ambassadeurs de lUMP dans le Finistère ont été servis : une belle enveloppe à la députée Marcelle Ramonet à Quimper pour la cathédrale (lire en dernière page); un sursis (inespéré) au député Christian Ménard pour le collège de Camaret (que le socialiste et président du conseil général Pierre Maille va devoir avaler), tout comme la jolie promesse faite à Plougasnou (lire page 10). La Bretagne intérieure... Dans la poche intérieure du veston du ministre, il y avait encore une enveloppe dorée pour la RN164, cette Arlésienne de route à 2X2 voies qui relie le centre-Finistère au reste du monde. A la mairie de Châteauneuf-du-Faou, fief du député-maire Christian Ménard (également proche de Sarkozy pour ceux qui nauraient pas tout suivi). Jeannine Pichon, mairesse « divers droite » de Pleyben, buvait les paroles du ministre annonçant, en présence de Geneviève Chaux-Debry, directrice de la DDE du Finistère, que le contrat de plan Etat-Région en cours allait être abondé dun milliard et demi deuros et que les travaux de la RN 164 bénéficieraient « prioritairement » de cette manne inopinée. Et tout ça, « parce quil ne se passe pas une semaine sans que Christian Ménard ne me parle de sa RN 164 », a concédé Christian Estrosi à Jean Hourmand, maire « honoraire » de Plonévez-du-Faou, mais surtout Chevalier Blanc de la RN 164 depuis presque.
.. trente ans ! Partager la campagne Et puis nous voilà à Saint-Goazec, dans une ferme expérimentale qui fleure bon la campagne daujourdhui. « Ne soyez pas intégristes ! » a envoyé sans détour le ministre à nos représentants agricoles de tous poils. Le monde rural ne doit plus appartenir quaux seuls agriculteurs, mais à tous ceux qui veulent vivre dans le monde rural, a-t-il expliqué en substance. Et pour quils aient envie dy vivre, il leur faut des épiceries, des médecins, des collèges, etc. « Cest cela, laménagement du territoire. Alors je veux bien vous défendre mais je vous demande, en contrepartie, de vous battre pour vous et pour tous ceux qui forment la ruralité daujourdhui ». Dans la salle, on acquiesce (à droite), on ronchonne (à gauche). Charles Doux en personne Charles Doux, le P-DG du grand groupe volailler, est dans lassemblée. Avare de ses apparitions publiques, on sétonne. Cest pour la grippe aviaire ? Il veut parler au ministre ? Non. Il paraît quil est intéressé par les futurs travaux du pôle dexcellence rurale auquel est candidat le pays du Centre-Ouest-Bretagne (COB). Estrosi le dit, le projet est bon, il le soutiendra. Les porteurs du projet, plutôt de gauche, sétonnent, mais sont obligés de se féliciter. Christian Ménard qui, lui aussi, à sa petite idée sur lavenir de lagriculture, sourit. Avec sa suppléante, Françoise Louarn, vice-présidente de la chambre dagriculture du Finistère, ça fait un moment quil travaille sur le sujet. Et dans la salle, des agriculteurs de droite, il y en a. De gauche, à peu près autant. Quand on vous disait que la campagne était lancée... Marie-Line Quéau |
![]() Hier, Christian Estrosi est venu galvaniser, sur ses terres centre-finistériennes, Christian Ménard, député de la sixième circonscription et maire de Châteauneuf-du-Faou. (Photo M.-L.Q.) |